Si vous êtes en état de détresse, veuillez texter MIEUX à 741741 n’importe quand. En cas d’urgence, appelez le 9-1-1 ou rendez-vous à votre service d’urgence local.

AccueilLe Vecteur – Août 2021 – Apprendre à créer des espaces sécuritaires pour les jeunes

Le Vecteur – Août 2021 – Apprendre à créer des espaces sécuritaires pour les jeunes

Le nouveau cours virtuel « Premiers soins en santé mentale » apprend aux adultes à soutenir les jeunes dans leur vie. 

Bien avant la pandémie, la nécessité de soutenir la santé mentale des jeunes était évidente. Comme 50 % des problèmes associés à la santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans, les années formatrices de nos jeunes sont parmi les plus vulnérables. Aujourd’hui, cette vulnérabilité n’a fait que croître étant donné que nos jeunes doivent également faire face aux impacts de la COVID-19.

Il peut être difficile pour les adultes de savoir comment se comporter avec les jeunes dans leur vie, et encore moins comment les aborder au sujet de leur bien-être mental. Pour les aider à lancer ces importantes conversations, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) a mis à jour sa formation PSSM – Soutenir les jeunes et l’a adaptée à un format virtuel. De plus, les adultes pourraient être surpris d’apprendre qu’« entretenir une relation » ne fait pas partie du programme d’études.

« Lorsque vous parlez à un jeune de ses expériences, il ne s’agit pas de vous », explique Denise Waligora, spécialiste de la formation et de la prestation à la CSMC. « Lorsque vous arrivez à l’âge adulte, vous aurez surmonté des épreuves et aurez appris des stratégies d’adaptation au fil du temps. Il n’en est pas nécessairement de même pour les jeunes. Vous devez être en mesure d’écouter sans minimiser leurs expériences ou les comparer aux vôtres. »

Ce type d’écoute sans jugement n’est que l’une des stratégies que les participants peuvent s’attendre à acquérir dans le cadre de la nouvelle formation virtuelle « Premiers soins en santé mentale ». Au cours de ce cours très interactif de 10 heures, ils apprendront également à reconnaître les signes de détérioration du bien-être mental, à engager des conversations autour de ces observations, à apporter leur aide en cas de crise de santé mentale ou d’usage de substances, à rechercher une aide extérieure et à prendre soin de leur propre bien-être à titre de « secouristes ».

Mettre l’accent sur l’individu
Plutôt que de proposer une approche étape par étape pour soutenir tous les jeunes, les animateurs du cours soulignent l’importance de l’individualité. « Chaque personne est caractérisée par un ensemble de comportements, d’humeurs et d’attitudes de base », a déclaré Mme Waligora. Par exemple, si la détérioration de la santé mentale d’un jeune peut se manifester par de mauvaises notes ou par des conflits avec ses amis, ces choses pourraient représenter la norme pour quelqu’un d’autre.

Le facteur le plus important à surveiller est le changement, dit-elle. « Dès que nous constatons un changement dans l’un de ces domaines, nous devons nous demander quelle est l’ampleur de l’écart par rapport à la ligne de base de cette personne et depuis combien de temps ce changement perdure. »

De même, les stratégies conversationnelles efficaces et les types de soutien peuvent également varier en fonction de l’individu. Certains jeunes sont impatients de partager leurs sentiments si on leur en donne l’occasion. Certains d’autres, cependant, peuvent se sentir gênés et avoir besoin de plus de temps. Afin de favoriser une ambiance décontractée, les participants au cours apprennent à aborder les jeunes de manière plus informelle par le truchement d’une activité, plutôt que de les confronter directement.

« Qu’il vous faille une ou cinq tentatives pour y arriver, vous démontrez à ce jeune que quelqu’un se soucie de lui. »

Une approche mise à jour
Les mises à jour de la formation PSSM – Soutenir les jeunes sont basées sur le cours original offert en présentiel, mais en plus de son adaptation au format virtuel, le contenu a également été retouché.

L’un des principaux ajouts, selon Mme Waligora, est une section consacrée aux groupes marginalisés, notamment les jeunes racialisés, autochtones et 2SLGBTQ+. « Un jeune de la communauté 2SLGBTQ+, par exemple, pourrait avoir une expérience très différente de celle de ses camarades au secondaire. Nous devons connaître et reconnaître ces différences afin d’offrir notre soutien le plus efficacement possible. »

Un autre aspect d’un tel soutien (qui représente un autre ajout au contenu du cours) est la prise en charge par les participants au cours de leur propre bien-être. Les participants sont largement formés à soutenir les jeunes qui les entourent, mais également à reconnaître que le fait de s’occuper des autres peut nuire à leur propre bien-être.

Enfin, le cours mis à jour a évolué pour inclure une approche plus holistique en regard du bien-être. Plutôt que de se concentrer sur les étiquettes, la formation suit un modèle axé sur le rétablissement, mettant l’accent sur la résilience et le bien-être général dans tous les domaines de la vie.

Notre responsabilité collective
Bien que le cours ait été conçu pour les adultes qui interagissent avec les jeunes, comme le souligne Mme Waligora, le groupe des participants est composé de bien d’autres personnes en plus des parents.

« Nous côtoyons presque tous des jeunes dans notre vie, que ce soient des proches, des voisins, des élèves ou des employés. Si vous êtes assez proche pour remarquer un changement chez une personne, vous êtes donc assez proche d’elle pour lui offrir un soutien. »

À la fin de l’année dernière, le gouvernement de la Saskatchewan a agi dans ce sens en s’engageant à verser 400 000 dollars pour offrir la formation de PSSM dans les écoles primaires et secondaires de la province.

« Notre objectif est de faire en sorte qu’au moins un membre du personnel de chaque école reçoive une formation de Premiers soins en santé mentale d’ici décembre 2021 », a déclaré le ministre de l’Éducation de la Saskatchewan, Dustin Duncan. « Nous sommes ravis de soutenir les écoles en veillant à ce que les élèves aient accès à des ressources en matière de santé mentale, et j’encourage tous les conseils scolaires au niveau provincial à y participer pour contribuer à éliminer la stigmatisation entourant la santé mentale. »

Pour Mme Waligora, l’essentiel est simple : « Nous avons la responsabilité de protéger nos jeunes. Chaque jeune mérite un refuge sûr vers lequel il peut se tourner. En tant qu’adultes, nous pouvons être ce refuge. »