Si vous êtes en état de détresse, veuillez texter MIEUX à 741741 n’importe quand. En cas d’urgence, appelez le 9-1-1 ou rendez-vous à votre service d’urgence local.

Nos corps, nos vies, nos droits — Cette année, le thème de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphopie met l’accent sur la promotion du droit des personnes à exprimer leur identité de genre, à ne pas subir de violence et à vivre dans la dignité.

Comme le montre une recherche menée par la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) et le Centre de prévention du suicide, les personnes ayant une expression de genre diversifiée font face à des facteurs de stress uniques. Non seulement les personnes transgenres subissent des taux plus élevés de discrimination et de harcèlement que leurs pairs cisgenres, mais elles vivent aussi de ce fait davantage de problèmes de santé mentale. Elles présentent aussi un risque de suicide plus élevé.

Le bien-être des personnes ayant diverses identités de genre peut être grandement affecté par les caractéristiques, les normes, les pratiques et les cadres de nos milieux institutionnels. En cette journée, tout comme chaque jour, les leaders organisationnels peuvent devenir plus empathiques et plus conscients de l’importance de pratiques de santé mentale positives grâce aux différents types de ressources offertes par la Fondation Émergence.

Les changements à grande échelle qui se sont récemment produits dans ce sens sont remarquables. Statistique Canada inclut maintenant l’identification du genre au recensement et fait une distinction entre « sexe à la naissance » et « genre » dans son questionnaire. Et en avril dernier, Santé Canada a annoncé qu’elle prévoit sélectionner les donneurs de sang sur la base due leur comportement sexuel plutôt que sur la base de leur orientation sexuelle, ce qui mettra fin à une politique considérée comme discriminatoire.

Cela dit, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

  • En décembre 2020, une étude de Trans PULSE Canada avait montré que 6,9 % des répondants trans et non binaires affirmaient que la pandémie avait engendré des changements dans leur situation de vie qui les contraignaient à vivre avec une personne qui ne soutenait pas leur identité de genre.
  • Selon une recherche menée par Egale, en partenariat avec le Groupe de recherche INNOVATIVE, la pandémie de COVID-19 a entraîné des répercussions négatives disproportionnées sur la situation financière des membres de la communauté 2SLGBTQ+ du Canada. Statistique Canada indique également qu’il est possible que ces personnes soient plus vulnérables sur le plan économique pendant la pandémie.

De telles conclusions illustrent bien la nécessité de poursuivre les investissements dans des mesures de soutien en santé mentale et dépendances pertinents sur le plan culturel pour les communautés 2SLGBTQ+, ainsi que l’importance d’éliminer les obstacles à l’accès aux soins.

Depuis sa première édition en 2005, la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie est une occasion de reconnaître les réalités vécues par les personnes qui subissent de la discrimination à cause de leur identité ou de leur expression de genre. La journée elle-même est aussi significative, puisque c’est le 17 mai 1990 que l’Organisation mondiale de la Santé a retiré l’homosexualité de sa liste des troubles mentaux.

De nos jours, cette journée est célébrée dans plus de 130 pays, y compris 37 pays dans lesquels les relations sexuelles entre personnes du même sexe demeurent illégales, et une campagne a été lancée pour qu’elle soit officiellement reconnue par l’Organisation des Nations Unies. Une sensibilisation accrue, une affirmation des identités et une plus grande inclusion au moyen d’activités comme le Mois de la fierté contribuent à promouvoir l’harmonie et la justice au sein de la société, ce qui conduit à une amélioration des résultats en matière de santé mentale pour les membres de ces communautés.

Pendant le Mois de la fierté, soit en juin, la CSMC, en partenariat avec le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances et la firme Léger, partagera les recherches émergentes sur la manière dont les membres de la communauté 2SLGBTQ+ s’en sortent pendant la pandémie. Entre autres éléments, il ressort des principales conclusions que les membres des communautés 2SLGBTQ+ sont confrontés à des taux de stigmatisation, de discrimination et de harcèlement plus élevés, mais qu’ils sont aussi résilients, optimistes, accueillants et inclusifs.

Michel Rodrigue
Président et directeur général

Remarque :Si votre expérience personnelle rend cette journée difficile, des lignes d’aide sont disponibles par l’entremise de Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être au 1‑855-242-3310, ainsi que du service d’assistance téléphonique Talk 4 Healing au 1-855-554-HEAL. Vous pouvez aussi texter MIEUX au 741741 en tout temps, ou demander le soutien de la LGBT Youth Line en appelant au (1-800-268-9688) ou en textant au (647‑694‑4275).

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En prévision de la Journée mondiale de la justice internationale, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) a publié une nouvelle recherche et des recommandations qui mettent en lumière la nécessité d’un soutien amélioré pour les personnes ayant affaire au système judiciaire au Canada.

« La COVID-19 a fait ressortir la nécessité de combler les lacunes liées aux services et d’aborder les questions portant sur les risques auxquels font face les personnes aux prises avec une maladie mentale et des problèmes de consommation de substances dans les établissements correctionnels au Canada », a expliqué la Dre Mary Bartram, directrice des politiques à la CSMC.

Au Canada, entre 65 et 70 pour cent des personnes incarcérées vivent avec des problèmes de consommation de substances. De plus, 73 pour cent des hommes incarcérés dans les prisons fédérales et 79 pour cent des femmes incarcérées dans les prisons fédérales vivent avec au moins un problème ou un trouble de santé mentale.

« Cette recherche vise à déterminer comment nous pouvons mieux aider les personnes ayant affaire au système judiciaire non seulement pendant leur incarcération, mais aussi au moment où elles amorcent leur réintégration dans la société », a déclaré Michel Rodrigue, président et directeur général de la CSMC.

Le document d’information sur la COVID-19, la santé mentale et la consommation de substances dans le milieu correctionnel offre aux décideurs des conseils et des recommandations sur la façon d’offrir un meilleur soutien aux personnes ayant des démêlés avec le système judiciaire.

Les faits saillants des résultats, qui sont fondés sur des données probantes et des pratiques exemplaires internationales, comprennent ce qui suit : une stratégie de remise en liberté qui permet d’établir une différence claire entre l’isolement médical et l’isolement cellulaire, et une meilleure stratégie de collecte des données et d’accroissement du financement destiné aux services communautaires d’aide vers une réintégration dans la collectivité et de soutien en matière de logement.

Au cours des prochaines semaines, la CSMC publiera un répertoire exhaustif des services de santé mentale et usage de substances actuellement offerts au Canada pour les personnes en transition hors du système de justice pénale. Ce répertoire interactif que l’on peut consulter sous forme d’entrées organisées selon les provinces et territoires est disponible dans les deux langues officielles. Il sera régulièrement révisé afin de garantir que les programmes et les services offerts restent toujours à jour.

Quelques faits

  • Les taux de prévalence des maladies mentales graves comme les troubles dépressifs majeurs, les troubles bipolaires et les troubles psychotiques sont de deux à trois fois plus élevés chez les personnes incarcérées par rapport aux taux observés dans la collectivité.
  • Parmi les personnes issues des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis incarcérées dans les prisons fédérales, 83 pour cent des hommes et 95 pour cent des femmes répondent au critère selon lequel ils vivent avec au moins un trouble de santé mentale.
  • Les taux de tentatives de suicide et d’idées suicidaires sont de trois à onze fois supérieurs à ceux dans les communautés, et les personnes issues des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont touchées de façon disproportionnée.

Produits connexes

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) et ses partenaires sont heureux d’annoncer un investissement de deux millions de dollars pour soutenir la recherche sur les effets du cannabis sur la santé mentale dans différentes populations du Canada.

Cet investissement, réalisé conjointement avec les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Consortium canadien d’intervention précoce pour la psychose (CCIPP), la Fondation de la Société canadienne de schizophrénie et Anciens Combattants Canada, servira à financer 18 projets de recherche couvrant un vaste éventail de sous-populations qui sont sous-représentées dans les études existantes.

« Afin de mieux comprendre les répercussions de l’usage de cannabis sur la santé mentale au Canada, nous devons nous pencher sur tous les groupes de population, particulièrement ceux vivant dans des collectivités souvent négligées par les chercheurs, déclare Michel Rodrigue, président et directeur général de la CSMC. Grâce à ces nouveaux projets, nous souhaitons élucider certaines questions fondamentales qui n’ont pas trouvé réponse lors d’études antérieures et ainsi étayer la création de projets de grande échelle. »

Les groupes ciblés par les 18 projets de recherche innovateurs couvrent un large continuum qui inclut les communautés racialisées et autochtones, les personnes aux prises avec une maladie mentale (comme la schizophrénie, la psychose, le TSPT, la dépression), les communautés 2SLGBTQ+ et les anciens combattants.

« Les projets de recherche comme ceux-ci sont absolument primordiaux pour améliorer les services et les programmes que nous offrons à ceux et celles qui ont servi notre pays, indique Lawrence MacAulay, ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale. Nous serons en mesure de prendre de meilleures décisions en faisant la lumière sur les effets du cannabis sur des maladies comme le TSPT ainsi que sur la santé mentale et la qualité de vie de nos vétérans. Anciens Combattants Canada est fier de contribuer au financement à titre de partenaire de cette importante recherche. »

Les nouvelles données amassées permettront de combler des lacunes dans le savoir en ce qui concerne l’usage de cannabis par les personnes ayant subi des traumatismes, l’usage de cannabis par les membres de la communauté 2SLGBTQ+ ayant un trouble lié à la consommation de substances et les voies d’accès aux soins pour les jeunes atteints de psychose émergente dans les communautés racialisées.

« Depuis la légalisation du cannabis, de nombreuses questions cruciales au sujet des préjudices potentiels du cannabis sur la santé mentale des utilisateurs se posent, affirme Chris Summerville, directeur général de la Fondation de la Société canadienne de schizophrénie. Des études substantielles ont établi un lien entre le cannabis et la psychose, et il est important de continuer à élargir notre base de connaissances afin d’aider les habitants du Canada à faire des choix plus éclairés à propos de leur consommation de cannabis. »

Nicola Otter et le Dr Phil Tibbo, respectivement directrice générale et président du CCIPP, abondent dans le même sens et ajoutent que leur organisme est « absolument ravi de soutenir un projet de recherche qui permettra d’approfondir les connaissances sur la perception des jeunes face à l’usage de cannabis et sur le lien entre cannabis et psychose, particulièrement dans les populations racialisées et autochtones.

« Cette importante étude nous permettra de reconnaître les lacunes dans les connaissances, de raffermir la base de données probantes et d’étayer des politiques et des projets futurs, ajoute Samuel Weiss, directeur scientifique de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC. Les équipes de recherche travailleront en partenariat avec des utilisateurs de cannabis afin d’assurer que les personnes ayant une expérience passée ou présente d’usage de cannabis prennent activement part à toutes les phases des projets, de la conception des études à leur évaluation, en passant par leur réalisation et la transposition et la diffusion des connaissances. »

Mis ensemble, les projets de recherche contribueront à forger une base de connaissances plus inclusive qui non seulement rendra compte de la diversité de la population, mais qui lui rendra hommage.

De la Commission de la santé mentale du Canada

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) félicite Son Excellence la très honorable Mary Simon pour sa nomination comme première gouverneure générale autochtone du Canada. Nous sommes heureux que cette ancienne administratrice de la CSMC, dévouée à la cause publique et à la promotion de la santé mentale et du bien-être, devienne la première femme inuite à exercer cette fonction.

Lors de son passage au conseil d’administration de la CSMC en 2010, Mme Simon nous a partagé avec nous de précieuses idées sur les stratégies visant à promouvoir le bien-être mental dans les communautés nordiques. Elle a depuis lors continué à défendre activement la santé mentale en répétant sur toutes les tribunes que la maladie mentale est traitable, pour autant que nous acceptions d’en parler. Grâce à sa détermination à enrayer la stigmatisation, elle a suscité de nombreuses importantes conversations au sujet de la santé mentale, autant au sein des communautés autochtones que dans la population générale.

Nous nous réjouissons à l’avance de la vision nouvelle que Mme Simon apportera à ce poste amplement mérité.

Michel Rodrigue
Président et directeur général, Commission de la santé mentale du Canada

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« Quand on est un détaillant national avec des magasins dans tout le Canada et employant beaucoup de personnes, ce sont beaucoup de personnes qui peut connaître un problème, avoir des soucis ou ne pas aller bien

Début de la formation en PSSM : 2018
Membres du personnel formés à ce jour : 423

Les Compagnies Loblaw Limitée constituent le plus grand détaillant alimentaire canadien, exploitant 22 enseignes régionales et de segment de marché, ainsi que des pharmacies, des services bancaires et de l’habillement.

Pourquoi nous formons nos collègues en PSSM

Dans une année donnée, un Canadien sur cinq vit avec un problème de santé mentale ou lié à l’usage de substances.

« Quand on est un détaillant national avec des magasins dans tout le Canada et employant beaucoup de personnes, ce sont beaucoup de personnes qui peut connaître un problème, avoir des soucis ou ne pas aller bien », déclare Nathalie Gervais, directrice des services médicaux à Loblaw.

Avant de mettre en place le programme de premiers soins en santé mentale (PSSM), la stratégie de santé mentale de Loblaw se faisait davantage en aval, une fois que les collègues demandaient de l’aide.

En 2018, Loblaw a commencé à travailler plus en amont, en donnant aux responsables de magasin les outils dont ils avaient besoin pour réagir aux crises de santé mentale au travail.

« Nous voulions veiller à ce que tout problème survenant dans un magasin puisse être géré très rapidement, dit-elle. Nous avions besoin de veiller à ce que les personnes aient les outils dont ils avaient besoin pour gérer, ou au moins faire le triage, de la situation et veiller à ce qu’ils aient du soutien et à ce qu’ils ne soient pas à risque. »

Mme Gervais explique qu’entre 2018 et 2019, Loblaw a introduit le programme de PSSM, une formation conçue pour aider les personnes à apporter du soutien à une personne qui pourrait connaître un déclin de son bien-être mental ou une crise de santé mentale. Ils ont établi l’objectif de former deux personnes par magasin.

« Nous avons demandé aux responsables de magasin de nommer des personnes vers qui les autres gravitent naturellement, indique-t-elle. Nous étions à la recherche de personnes qui ont un don pour communiquer et avec qui les autres employés semblent à l’aise de parler des problèmes. Ce sont les personnes que nous avons formées jusqu’à présent. »

Résultats

Depuis l’introduction des PSSM, Loblaw a formé 423 de leurs responsables. Désormais, les collègues ont une personne dans l’organisation avec qui avoir une conversation sur les problèmes de santé mentale et qui pourrait les aider à obtenir du soutien médical en cas de besoin.

« Tous les retours que nous avons reçus des personnes qui ont été formées en PSSM ont été excellents. Elles disent que c’est la meilleure formation qu’elles ont jamais suivie, ajoute-t-elle. [Cette formation] est quelque chose qu’elles peuvent utiliser, non seulement pour leurs équipes, mais aussi pour leur famille et leurs amis. Ce sont des connaissances qui ne se bornent pas à rester dans un coin de votre cerveau – on peut continuellement les utiliser. »

Mme Gervais explique que les PSSM ont contribuer à renforcer la confiance des personnes en elles au moment d’avoir des conversations difficiles sur la santé mentale avec leurs homologues.

« En fonction de la situation, il pourrait y avoir des crises où leur sécurité mentale ou physique est à risque. D’autres fois, il se pourrait qu’elles aient juste eu une mauvaise journée et aient besoin d’en parler », dit-elle.

L’un des nouveaux éléments de la formation de PSSM est l’insistance marquée sur l’auto-préservation du secouriste. Pendant la pandémie, cet élément a été crucial pour Nathalie et son équipe : « Nous nous servons des consignes de PSSM pour créer de la pédagogie, affirme-t-elle. Ce que mon équipe a appris, c’est comment prendre soin de nous. Nous avons travaillé de longues heures pendant des mois et nous avons un peu oublié comment nous préserver dans tout cela. »

Mme Gervais explique qu’avec son équipe des services médicaux, elle veille à ce qu’ils prennent du temps pour eux et demeurent en santé.

« Nous sommes les personnes chargées de faire en sorte que tout le monde demeure en santé, explique-t-elle. Nous voulions simplement veiller à ce que nous soyons là pour l’appréciation. Donc, quand quelqu’un nous dit merci, nous avons appris à répondre bienvenue. » Cela veille à ce que son équipe s’arrête quelques minutes pour réfléchir à la différence qu’ils font tout en reconnaissant la gratitude des autres.

Ce que l’avenir réserve

« Nous allons continuer à aider les Canadiens à vivre bien, et la santé mentale sera en haut des priorités pour tous, dit-elle. Parce que lorsque toute retombera et que nous rentrerons dans une nouvelle normalité, je ne sais pas si ce que nous aurons vécu cette année s’en ira. »

Mme Gervais explique qu’en raison du confinement, les personnes pourraient avoir développé des mécanismes d’adaptation malsains.

« Je pense que nous allons commencer à voir des problèmes sortir d’un peu partout qui indiquent que nous avons plus que jamais besoin de soutien en santé mentale, ajoute-t-elle. Avant, nous devions mettre la santé mentale sur la table; maintenant, nous avons une demande plus grande qu’on ne l’aurait imaginé. »

Elle a exprimé des inquiétudes pour ses collègues et s’est demandé ce à quoi la nouvelle « normalité » ressemblera à la fin de la pandémie.

« Nous gardons l’œil sur les personnes qui travaillent pour nous; nous regardons leur comportement, leur conduite, ce qu’elles nous disent, déclare Mme Gervais. Mais beaucoup de personnes souffrent en silence et ne disent pas grand-chose, et je ne sais pas combien de personnes ont des difficultés. Je ne pense plus qu’il s’agisse d’une personne sur cinq. »

La pandémie a retardé leurs projets de formation supplémentaire, mais Mme Gervais explique qu’à l’avenir, elle souhaite que tout le monde à Loblaw (et pas seulement les responsables) ait les outils de santé mentale pour pouvoir faire part de connaissances et de leur expérience à leurs homologues et aider ceux qui en ont besoin.

« Je dois dire que ce programme est excellent, dit-elle. Il touche à tout ce dont nous avons besoin pour nos chefs de groupe. »

Pour en savoir plus sur les PSSM et comment vous pouvez les mettre en place dans votre milieu de travail, cliquez ici.

La pandémie aura eu au moins un côté pas si pire : celui de braquer les projecteurs sur la santé mentale dans les médias et les conversations de tous les jours.

Nous sommes nombreux à faire le point sur le bien-être des autres comme jamais nous ne l’avions fait auparavant. Cependant, de nombreuses personnes trouvent difficile d’avoir une conversation avec une personne qui pourrait connaitre un déclin de sa santé mentale ou qui pourrait vivre avec une maladie mentale. On pourrait soupçonner qu’un membre de notre famille, un ami ou une connaissance ne va pas bien, mais comment commencer ce genre de conversation?

Commençons par utiliser un vocabulaire centré sur la personne.

Qu’est-ce que le vocabulaire centré sur la personne?

Ce type de vocabulaire accorde plus d’importance à la personne qu’à la maladie, à l’invalidité ou à la condition.

Denise Waligora, Spécialiste de la formation et de la prestation pour Premiers soins en santé mentale Canada, explique l’importance du vocabulaire centré sur la personne :

Nous ne définissons pas une personne par son problème/diagnostic. Une personne n’est pas sa maladie. Lorsque nous définissions les personnes par leurs maladies, c’est tout ce que les autres voient. Ils ne voient plus la créativité, la gentillesse, l’originalité, l’intelligence que la personne possède. Ils ne voient plus la personne pour ce qu’elle est. Ils voient juste la maladie et toute la désinformation/les mythes qui vont avec cette maladie.

Le vocabulaire centré sur la personne nous demande d’être conscient des mots que nous utilisons. Il nous demande de nous concentrer sur la personne plutôt que sur sa maladie.

En raison de la prévalence du vocabulaire stigmatisant, une personne qui vit avec un problème de santé mentale pourrait être dans l’incapacité de se voir comme autre chose que son diagnostic ou sa condition. Cela pourrait l’empêcher de concrétiser son plein potentiel. Les personnes qui vivent avec une maladie mentale ont besoin de comprendre qu’elles ne sont pas la maladie mentale en elle-même mais plutôt que la maladie mentale est quelque chose avec laquelle elles vivent. C’est pareil pour les personnes connaissant un déclin de leur bien-être mental. Le vocabulaire centré sur la personne peut aider les personnes qui vivent avec un problème de santé mentale pour comprendre qu’elles ne s’arrêtent pas à leur maladie ou condition.

Utiliser du vocabulaire centré sur la personne fait preuve de respect pour la personne plutôt que de la grouper en catégories ou de l’étiqueter. Les mots comme « anormal », « dysfonctionnel » ou « handicapé » peuvent être particulièrement nuisibles.

Vous pourriez vous considérer comme un allié de la santé mentale, mais si vous utilisez du vocabulaire stigmatisant, les personnes qui vivent avec un problème de santé mentale pourraient être moins susceptibles de vous approcher.

Malheureusement, le vocabulaire stigmatisant est assez courant dans notre culture. Lorsque vous écoutez la TV, parlez à des amis ou à de la famille ou un collègue, avec-vous déjà entendu du vocabulaire comme celui-ci?

  • « C’est débile. »
  • « Avant, c’était un drogué. »
  • « Elle souffre de dépression. »
  • « Il s’est tué. »

Denise Waligora insiste sur le fait que si nous nous éloignons de ce vocabulaire stigmatisant pour nous diriger vers un vocabulaire centré sur la personne, cela peut contribuer à la lutte contre la stigmatisation attachée à la maladie mentale et au déclin du bien-être mental :

Lorsque nous nous informons, nous faisons mieux. La capacité à être conscient du vocabulaire respectueux peut ouvrir des portes pour que les personnes soient à l’aise au moment de parler de leur bien-être mental ou des difficultés qu’elles pourraient connaître. Imaginez qu’un collègue, un membre de votre famille ou un ami entendait quelqu’un parler de la santé mentale de façon respectueuse et qui la soutienne, elle serait plus à l’aise d’être ouvert et honnête. Tout commence véritablement par nous. Nous avons la capacité de créer l’espace pour une personne qui pourrait avoir des difficultés. Notre vocabulaire doit montrer que nous sommes un allié.

Comment pouvez-vous l’utiliser?

Quand il s’agit de parler de la maladie mentale ou du déclin du bien-être mental dans la vie de tous les jours, au lieu d’insister sur la condition de la personne, utilisez plutôt une alternative centrée sur la personne. En voici quelques exemples :

StigmatisantRespectueux
Cette personne souffre de dépression.Cette personne vit avec/connaît une dépression.
Cette personne a commis un suicide.Cette personne est morte de suicide.
Cela me rend fou.Cela m’ennuie/me frustre.
Cette personne est/était un drogué.Cette personne a un trouble lié à l’usage de substances ou cette personne est en rétablissement.

Pour en savoir plus, consultez notre Guide de référence Le langage plus sûr : https://www.mhfa.ca/fr/langage-plus-sur-guide-de-reference

Dans les formations L’esprit au travail et Premiers soins en santé mentale, assurées par la Commission de la santé mentale du Canada, nous parlons de comment utiliser le vocabulaire centré sur la personne. Pauline Meunier, spécialiste de la formation et de la prestation pour L’esprit au travail, explique l’importance de cette partie de la formation :

À la fin de la formation, je demande souvent aux participants ce qui les a marqués, une chose qu’ils vont essayer ou dont ils se sont souvenus grâce à la formation. À de nombreuses reprises, les participants mentionnent la partie sur Le poids des mots. Je pense que c’est assez percutant parce qu’ils se rendent compte que d’utiliser du vocabulaire obsolète peut blesser et perpétuer les stéréotypes négatifs stigmatisants.

Pauline Meunier explique que pendant la formation, elle se concentre sur l’importance d’utiliser du vocabulaire approprié pour indiquer aux autres qu’ils peuvent lui faire confiance, que de lui parler est sûr. « On peut réduire la stigmatisation tout simplement en utilisant le vocabulaire approprié », explique-t-elle.

N’oubliez pas, l’un des plus grands obstacles à surmonter pour toute personne en proie avec un problème de santé mentale est la stigmatisation qui y est attachée. Tout le monde peut se faire le défenseur de la lutte contre la stigmatisation en faisant la promotion de l’utilisation de vocabulaire exact et respectueux. La fin de la stigmatisation commence quand vous agissez. Soyez conscient du vocabulaire obsolète utilisé dans les médias et autour de nous dans la vie de tous les jours. Soyez conscient des répercussions de votre vocabulaire. Ensemble, nous pouvons participer à mettre fin à la stigmatisation de la santé mentale.

Dips in mental health are not just part of getting olLe déclin de la santé mentale ne fait pas partie du vieillissement. Denise Waligora, de la Commission de la santé mentale du Canada, explique comment soutenir la santé globale de nos aînés. Cet épisode de baladodiffusion est en anglais seulement.

Lignes directrices pour aider les employeurs à traverser la crise de la COVID-19

L’équipe de santé mentale au travail à la Commission de la santé mentale est très heureuse d’annoncer le lancement du projet « Intégrer la santé mentale dans les activités lors d’une pandémie ».

Ces lignes directrices s’inspirent du besoin qu’ont de nombreuses organisations de veiller à ce que les employeurs et les travailleurs aient les bons outils en place pour protéger la santé mentale des travailleurs en période inattendue ou incertaine. Ces lignes directrices s’inscrivent dans le contexte de la pandémie de COVID-19, mais elles peuvent aussi s’appliquer à toute situation d’urgence.

L’objectif ultime est que les organisations mettent en place des systèmes qui peuvent contribuer à prévenir les blessures psychologiques, à promouvoir la bonne santé mentale et à résoudre tout conflit qui pourrait survenir pendant des événements critiques et affectant les personnes et les organisations. Ce document est l’une des étapes allant vers cet objectif.

N’hésitez pas à utiliser cette ressource librement et à la partager avec d’autres personnes. Notre objectif est toujours d’aider autant d’organisations que possible à mettre en place des stratégies de santé mentale saines et sécuritaires pour améliorer la vie des employés et employeurs avec des ressources comme celle-ci.

N’hésitez pas à nous poser vos questions éventuelles.

Intégrer la santé mentale dans les activités lors d’une pandémie [Télécharger]
Lignes directrices pour aider les employeurs à traverser la crise de la COVID-19

  1. Consignes d’action en cas de pandémie
  2. À quoi ressemble une vie professionnelle souple?
  3. SÉCURITÉ ET SANTÉ PSYCHOLOGIQUES en cas de pandémie
  4. CONSEILS POUR EMPÊCHER LA RETRAUMATISATION

La narration est un outil servant à de nombreux contextes, par exemple quand un enseignant raconte une histoire pendant une leçon à l’école ou quand un grand-père raconte une histoire sur les traditions de la famille.

Il y a des chances qu’à un moment ou un autre de votre vie, vous avez raconté une histoire. La narration est un outil servant à de nombreux contextes, par exemple quand un enseignant raconte une histoire pendant une leçon à l’école ou quand un grand-père raconte une histoire sur les traditions de la famille. La narration est l’une des formes les plus vieilles d’enseignement et d’échange, il n’est donc pas surprenant qu’il s’agisse d’une méthode populaire d’application des connaissances.

Qu’est-ce donc que la narration? C’est un moyen efficace de partager un message, une expérience ou une leçon. Elle peut servir sous différents formats : en personne, par vidéo, en livre audio ou baladodiffusion, ou sous forme de texte. Les exemples ci-dessus soulignent comment la narration peuvent servir dans la vie de tous les jours. Dans les domaines de la santé mentale et des dépendances, nous voyons souvent la narration utilisée quand une personne qui a du vécu raconte son histoire.

La narration est populaire pour une raison : les histoires sont percutantes parce qu’elles sont personnelles et qu’elles donnent vie à l’information, ce qui aide la personne qui écoute à trouver du sens dans l’information et à l’appliquer. Les histoires peuvent aussi détruire les obstacles et encourager des changements d’attitude et de comportement en accroissant l’empathie et la compréhension de la personne qui écoute l’histoire. Les histoires émeuvent les personnes au-delà des conclusions de recherche et permettent à la personne qui écoute d’établir un lien et de s’immerger dans l’histoire, ce qui déclenchera une réaction empathique. Elles aident aussi à retenir l’information plus facilement et sont accessibles pour de nombreuses personnes. Enfin, les histoires sont susceptibles d’être retenues et partagées avec d’autres personnes.

Si vous pensez utiliser la narration comme méthode pour votre projet d’application des connaissances, n’oubliez pas les conseils suivants pour raconter votre histoire efficacement et en toute sécurité :

  • Veillez à être prêt à raconter votre histoire

Votre histoire pourrait entraîner des louanges, des critiques, des questions ou d’autres opportunités. Veillez à être dans une situation où vous acceptez ces différentes réactions et pouvez travailler avec elles.

  • Connaître votre public

Vous n’avez pas besoin de donner tous les détails de votre histoire si cela ne semble pas le bon moment pour les personnes à qui vous parlez. Par exemple, les détails que vous donnez à un groupe d’adultes seront peut-être différents de ceux que vous donnerez à un groupe de jeunes adultes.

  • Concentrez-vous sur l’éducation des autres

Déterminez ce que vous souhaitez obtenir en racontant votre histoire. Que voulez-vous que les personnes apprennent? Quel est le message que vous souhaitez faire passer?

  • Cherchez à insuffler l’espoir, ou concentrez-vous sur les points positifs

Cela ne veut pas dire que votre histoire ne doit pas comprendre les coups durs ou les expériences négatives, mais n’oubliez pas que certains détails de votre histoire peuvent être des éléments déclencheurs pour les autres et pourraient être omis. L’élément central de votre histoire doit être ce qui est sorti de ces expériences négatives et ce qui vous y a amené.

  • Respectez la confidentialité des autres dans votre histoire

Il ne fait aucun doute que votre histoire fera intervenir d’autres personnes, mais évitez d’utiliser leur véritable nom ou des facteurs pouvant les identifier, peu importe si elles ont eu des répercussions positives ou négatives sur votre vie. Si vous pensez qu’il serait bénéfique d’inclure de l’information (comme le nom d’un médecin qui vous a vraiment aidé), demandez la permission de la personne.

  • Envisagez de mentionner que votre histoire est la vôtre

Nous avons tous un parcours différent. Votre public doit savoir que c’est correct si leur expérience est différente de la vôtre.

  • Soyez créatif (si vous le voulez)

Il n’y a pas de règles strictes à suivre pour raconter votre histoire. Vous pourrez trouver cela difficile de la raconter par ordre chronologique, ou bien de vous concentrer sur une thématique à la fois. Pensez au message que vous essayez de transmettre et à la meilleure façon de le faire.

  • Soyez authentique… soyez vous-même!

Racontez votre histoire à votre façon, avec votre voix et votre personnalité (mais n’oubliez pas votre public). Cela vous aidera à établir un lien avec votre public. Si vous racontez votre histoire sous forme textuelle, vous pouvez avoir un style informel. Un vocabulaire simple attirera les personnes et vous séparera des textes scolaires ou formels.

  1. un outil pratique, consultez la ressource de la CSMC ci-dessous intitulée “Racontez votre histoire”, qui a été créée pour les personnes impliquées dans les soins aux personnes, qui font la promotion des lignes directrices pour les aidants et les recommandations. Bien que le tableau utilisé soit spécifique à l’objectif de ce projet, il peut facilement être modifié selon l’objectif de votre propre histoire.

Lien : https://mentalhealthcommission.ca/resource/appendix-8-telling-your-story/?lang=fr

Bibliographie

Hajric, Emil. « Storytelling. » Knowledge Management Tools, 2018, www.knowledge-management-tools.net/storytelling.php.

Wende, Erik, et coll. « Exploring Storytelling as a Knowledge Transfer Technique in Offshore Outsourcing. » Thirty Fifth International Conference on Information Systems, 2014, pdfs.semanticscholar.org/149b/97578731d35563254a6d879ee4623219b140.pdf.

« Headstrong. » LA TÊTE HAUTE, 2020, headstrongyouth.ca/.

Caroline Ostrom est diplômée de l’Université d’Ottawa avec une maîtrise d’éducation spécialisée en aide psychologique, ainsi qu’un baccalauréat de psychologie et éducation. Avant de se joindre à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), Caroline a notamment travaillé en aide psychologique en cas de crise, aide psychologique organisationnelle, soutien académique, création de formation et animation de l’apprentissage pour des programme d’aide aux employés. Caroline est gestionnaire de programme pour la mobilisation des connaissances à Changer les mentalités, à la CSMC, depuis 2019. L’enseignement la passionne, ainsi que le fait de soutenir ceux qui créent un changement important dans le secteur de la santé mentale et des dépendances.