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Le VecteurConversations sur la santé mentale

Dans la foulée de la Journée mondiale de prévention du suicide (10 septembre) et du lancement du projet Enraciner l’espoir, un projet communautaire de prévention du suicide initié par la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), ce sujet est vraiment au cœur de nos préoccupations. Lorsque j’ai aperçu le gazouillis du respecté journaliste et chroniqueur spécialiste de santé au quotidien Globe and Mail, M. André Picard, vanter les mérites du nouveau livre d’Anna Mehler Paperny, Hello I Want to Die Please Fix Me, je l’ai rapidement commandé.

Quand il est arrivé, je l’ai lu d’un bout à l’autre, sans m’arrêter. En déposant le livre après ma lecture, j’avais la certitude que l’auteure avait abordé des sujets qui pourraient possiblement changer les attitudes rigides et stigmatisantes à l’égard du suicide, lesquelles nuisent à la recherche d’aide par les personnes souffrantes.

Madame Paperny est journaliste. Elle vit également avec une dépression qui résiste aux traitements. Son livre pourrait se résumer en trois mots : connais ton ennemi.

Tirant parti de ses excellentes compétences en reportage et de sa soif insatiable de connaissances, Mme Paperny ne ménage aucun effort dans sa quête pour comprendre l’histoire de son trouble, les options de traitement disponibles, et les nouvelles recherches miroitant comme un mirage à l’horizon.

Ses reportages sont aussi impeccables que ses sources sont irréprochables, mais c’est le frisson d’urgence — un sous-texte visiblement inspiré par le désir désespéré de l’auteur de guérir — qui fait de ce livre bien plus qu’un document sur l’état de la nation en matière de soins de santé mentale.

Chaque révélation douloureusement personnelle liée à la honte, la souffrance ou le mépris de soi, dévoile, petit à petit, les symptômes pouvant mener à des idées suicidaires. La spirale décrite par Mme Paperny, allant de la perte débilitante d’énergie, au découragement complet et au tourbillon de pensées sombres, explique facilement comment une personne en vient à faire face à des retards dans ses échéances et à manquer des engagements sociaux. L’isolement engendre la culpabilité, puis la culpabilité entraîne un discours intérieur négatif, renforcé à son tour par des comportements trop facilement critiqués, comme si la personne était égoïste ou complaisante.

Et ainsi, le cycle de désespoir continue et s’amplifie.

En plus d’être profondément touchante, la narration de Mme Paperny est prenante et imagée, tout en étant empreinte d’humour sombre. L’écriture elle-même est soutenue, mais la complexité de la science du cerveau est simplifiée et le lecteur entre doucement dans cet ouvrage avec une facilité qui fait fi de la densité du sujet. Elle offre au lecteur profane une traduction limpide des concepts difficiles, lesquels sont expliqués en langage clair; un talent à la fois rare et sous-estimé.

Les réalisations de Mme Paperny, ainsi que son sens précis de l’écriture, ses reportages primés et son approche novatrice donnent matière à réfléchir à tout lecteur qui pourrait être tenté de réfuter la véracité de sa maladie. Elle n’est ni paresseuse, ni faible, ni insensée;  des jugements que subissent trop de personnes vivant avec une maladie mentale. Elle est entourée d’une famille aimante et n’a subi aucun traumatisme à proprement parler, mais elle n’arrive pas à se débarrasser de ce désir étouffant de mourir.

Madame Paperny est une personne dotée d’un esprit vif et d’une vive intelligence. Elle est une fille et une sœur adorée. Quand on indique qu’une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale au cours d’une année donnée, elle est en quelque sorte « cette personne » du groupe. Mais ce qui est tellement plus important, c’est que, en lisant son récit, elle nous dévoile la dure réalité de sa maladie, une maladie qui pourrait frapper n’importe qui d’entre nous. À n’importe quel moment.

Ce livre est une révélation; il est habilement ficelé par une écriture puissante et une humanité à laquelle l’on s’identifie profondément. Cette lecture devrait aviver en chacun de nous un sentiment d’urgence.

Je vous encourage à vous procurer un exemplaire de cet ouvrage et d’en apprendre davantage sur Anna Mehler Paperny à : Penguin Random House Canada.

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Les points de vue et les opinions exprimés dans cet article appartiennent uniquement à l’auteur(e) et ne représentent pas nécessairement les politiques officielles de la Commission de la santé mentale du Canada.

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