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Par Nicole Chevrier

Ce blogue traite de traumatismes et de l’usage de substances.

Qu’est-ce qu’une bonne santé mentale? La réponse varie probablement d’une personne à l’autre. La santé mentale n’est pas un concept universel. Ce questionnement m’est venu à l’esprit lorsque récemment, j’ai discuté avec des travailleurs communautaires du programme Briser la glace piloté par l’organisme torontois The 519, qui se consacre à la santé, au bien-être et à la pleine participation des communautés 2SLGBTQ+.

Briser la glace grâce au programme The 519

Le programme Briser la glace (Breaking The Ice) est axé sur les besoins et les obstacles auxquels doivent faire face les personnes 2SLGBTQ+ qui font usage de drogues et résident dans le quartier est du centre-ville de Toronto. Dirigée par des pairs et reposant sur les principes de la réduction des préjudices et de la lutte contre la violence, l’équipe assure une présence régulière dans la rue, conçoit des ressources adaptées aux besoins de la communauté et dessert les clients sans rendez-vous du centre 519.  

Nadine est coordinatrice de ce programme et dirige une équipe œuvrant auprès des personnes vivant dans les différents campements de fortune de Toronto. Le soutien aux personnes qui vivent dans la rue peut prendre la forme de visites, de dons de produits de base, de réconfort émotionnel, d’aide au logement ou à l’hébergement, mais aussi d’un accompagnement rigoureux des personnes qui ont des démêlés avec la justice. Il peut également s’agir d’interventions auprès de clients ayant vécu une surdose.

En sillonnant le quartier de Toronto qui déplore le plus grand nombre de surdoses, les travailleurs responsables de la réduction des préjudices comme Nadine sont témoins chaque jour de la souffrance et de la mort.

« Personne ne devrait être confronté à ce que nous voyons, dit-elle. C’est exténuant. Le chagrin et les pertes pèsent lourdement sur la communauté et les fournisseurs de soins. »

L’expérience de Nadine jette un éclairage utile sur les réflexions entourant le retour à la « normale » après une pandémie. Si certains secteurs de la société peuvent aspirer à un retour à la vie normale, de nombreuses personnes sont laissées pour compte.

La pandémie a fortement touché les communautés desservies par le programme Briser la glace et a engendré des problématiques sans précédent pour les aidants. La crise a en effet chamboulé tous les aspects de leur travail. Le besoin de logements et de refuges atteignait déjà un seuil critique avant la pandémie, mais la COVID-19 a exacerbé la situation. On déplorait déjà un manque criant de services tenant compte des traumatismes, mais l’accès aux mesures d’accompagnement a été réduit au minimum et les services sociaux et les soins de santé ont été gravement perturbés.  Malgré les difficultés, le centre 519 a non seulement maintenu ses services, mais il a également décidé d’adopter son propre modèle de prestation de services essentiels.

Photo ©The 519
Photo ©The 519

Les décès et les hospitalisations liés aux opioïdes ont augmenté de manière significative partout en Ontario depuis le début de la pandémie au printemps 2020, ce qui a eu de graves répercussions sur les personnes sous-employées ou sans emploi, occupant un logement précaire ou étant sans domicile. En 2021, 2 819 personnes sont décédées des suites d’une toxicité liée aux opioïdes, soit une augmentation par rapport aux 2 460 décès liés aux opioïdes l’année précédente, selon les données du Bureau du coroner en chef. L’équipe du programme souligne que ces statistiques doivent être interprétées en gardant en tête que de nombreuses surdoses ne sont pas signalées.

Nadine et ses collègues s’inquiètent pour l’avenir. Ils constatent une hausse de la pauvreté, une augmentation des expulsions et des pertes d’emploi, une détérioration de l’accessibilité financière et une discrimination qui frappe de plus en plus de gens.  Et les jeunes n’échappent pas à cette tendance préoccupante. Au cours d’une année donnée, on compte au moins 35 000 à 40 000 jeunes au Canada qui sont sans domicile, logés de façon précaire ou hébergés chez des amis, qui squattent des locaux vacants, louent des chambres en pension ou errent dans les rues. Les jeunes en situation d’itinérance présentent des taux élevés d’usage d’alcool et de substances par rapport aux jeunes du reste de la population et ils sont exposés de manière disproportionnée à la violence tout en ayant un accès limité aux soins de santé.

Les jeunes Autochtones et les jeunes Africains, Caribéens et Noirs sont surreprésentés dans le groupe des jeunes touchés. Les jeunes qui s’identifient comme des membres de la communauté 2SLGBTQ+ représentent de 25 à 40 % des jeunes sans-abri. En outre, les jeunes transgenres sont souvent confrontés à des difficultés uniques et complexes. En plus de subir de la discrimination dans le réseau des refuges, les jeunes trans sont souvent victimes de mauvais traitements et de violence.  Nadine et son équipe sont souvent témoins de la discrimination systémique dont souffrent les jeunes au sein de leur communauté dans les différents types d’hébergement.

Le bien-être est une forme de privilège

Les statistiques témoignent d’un contexte, mais elles ne peuvent pas démontrer toutes les difficultés rencontrées au quotidien par une personne en mode survie, notamment la recherche de biens de première nécessité comme l’eau et l’accès aux infrastructures sanitaires. Comme le soulignent Nadine et ses collègues, le seul fait d’examiner la situation à distance révèle une position privilégiée. « Comment pouvons-nous même poser des questions sur leur bien-être et leur santé mentale, se demande Nadine, alors qu’ils ont du mal à satisfaire leurs besoins primaires? C’est totalement injuste. »

Voilà une question importante à l’heure où les décideurs sont aux prises avec le caractère inégal des effets de la pandémie. Comment placer la santé physique et la santé mentale sur un pied d’égalité sans s’attaquer aux obstacles systémiques et aux restrictions d’accès?

La pandémie a exacerbé des problèmes sociaux profonds qui existaient déjà et a braqué le projecteur sur nos failles en tant que société. En avril, Sarah Wildman, rédactrice en chef des pages éditoriales du New York Times, a fait remarquer ce phénomène : « La société prend rarement en compte les plus vulnérables dans la conception de la vie quotidienne. Paradoxalement, si nous faisions en sorte que la vulnérabilité soit moins stigmatisée, moins marginalisée, moins honteuse et invisible… nous en aurions probablement moins peur. »

Pour les gens qui, comme Nadine, accomplissent ce travail, l’enjeu profond des droits fondamentaux de la personne est éclipsé par le discours anti-pauvreté et par l’invisibilité de la crise liée à l’usage de substances au Canada. Or, la pandémie a ajouté une autre strate de complexité à la question. « La pandémie a complètement occulté cette crise de santé publique tout aussi importante, si bien que le problème des surdoses est passé sous silence. Personne n’a envie d’en entendre parler. » Les substances illicites et celles qui sont socialement acceptables ne sont pas considérées de la même façon en ce qui concerne la honte et les préjugés associés à la consommation. « Toutes les classes sociales consomment des drogues. Je vous mets au défi de trouver quelqu’un qui n’a jamais été affecté par ça », lance Nadine.

Une présence significative

Le programme Briser la glace du 519 est fondé sur les relations et les interactions consensuelles. Pour soutenir les gens dans le respect et la dignité, les intervenants comme Nadine doivent être disponibles au moment où l’on a besoin d’eux et accueillir les gens comme ils sont. « Si quelqu’un requiert cinq heures de mon temps, ça me convient, explique Nadine, mais cela représente un défi dans un contexte où les besoins des gens sont considérables. »

Ce travail implique souvent de recadrer notre conception de la réussite. Par exemple, Nadine a aidé un client qui traversait une grave crise de santé mentale. Elle l’a guidé dans ses démarches visant à être admis sur une base volontaire dans un établissement psychiatrique au lieu d’être incarcéré. (Nous faisons ici allusion aux démarches liées à la Formule 1 – Demande d’évaluation psychiatrique faite par un médecin, qui a pour objectif de déterminer si une personne nécessite d’être admise pour des soins plus poussés à titre volontaire ou en tant que patient en cure obligatoire.) En l’occurrence, le client a pu recevoir un traitement plutôt que d’être aussitôt emprisonné, ce qui lui a conféré le statut de personne nécessitant des soins de santé, plutôt que celui de criminel.

Nadine et ses collègues sont à même de constater les effets de la stigmatisation et de l’hypercriminalisation des populations itinérantes et consommatrices de substances ainsi que les cycles d’itinérance et d’incarcération qui en découlent.

Placer la dignité humaine au cœur des actions

De plus en plus de recherches indiquent que la pénurie de logements abordables contribue directement à l’itinérance, tout comme les défaillances du système, notamment les transitions difficiles depuis les services d’aide à l’enfance, ainsi que la planification inadéquate du congé lorsqu’une personne quitte l’hôpital, l’établissement correctionnel ou le centre de soins en santé mentale et usage de substances. 

Les échecs des systèmes, la stigmatisation et la discrimination semblent étroitement liés, à la manière d’un nœud gordien. Pour les décideurs politiques qui tentent de démêler ce nœud, une chose semble claire : il faut une approche qui soit ancrée dans les droits de la personne et qui s’attaque aux préjudices historiques, au colonialisme et à l’oppression institutionnelle. Une approche qui repose sur la dignité humaine, plutôt que sur des perceptions issues d’une perspective privilégiée.  

Lorsqu’on lui demande comment elle compose avec le travail sur le terrain, aux premières loges des diverses crises, Nadine répond que, malgré les lourdes conséquences de ce travail sur sa propre santé mentale, « savoir ce qui se passe est troublant, mais pas plus troublant que de ne pas y être ».

Les points de vue et les opinions exprimés dans ce blogue appartiennent uniquement à l’autrice et ne représentent pas forcément les points de vue et les opinions de la Commission de la santé mentale du Canada.

Nicole Chevrier
Nicole Chevrier

Nicole Chevrier est gestionnaire du Marketing et des communications à la Commission de la santé mentale du Canada.
Passionnée de santé mentale, elle est aussi une écrivaine enthousiaste et une photographe de talent. Nicole a récemment publié son premier livre, qui s’adresse aux enfants vivant de l’intimidation.
Quand elle n’est pas à son bureau, elle partage ses temps libres entre le yoga, la méditation, la danse de salon, la randonnée pédestre et la photographie des merveilles de la nature. Elle collectionne aussi les couchers de soleil.

Toronto Education Workers (TEW) Section locale 4400 est composé d’environ 17 000 travailleurs de l’éducation travaillant principalement au conseil scolaire du district de Toronto (Toronto District School Board, TDSB). TEW accueille aussi des travailleurs de l’enfance de différents centres de garde d’enfants et d’aidants du conseil scolaire francophone de Viamonde, représentant plus de 400 classifications professionnelles et plus de 1 000 lieux de travail.

Faits saillants de l’étude de cas
Début de la formation en L’esprit au travail : 2018
Dirigeants formés jusqu’à présent : + de 900

Le TDSB est le plus grand conseil scolaire et le plus diversifié au Canada, desservant environ 247 000 élèves de 583 écoles de Toronto, et plus de 130 000 étudiants dans des programmes d’éducation des adultes et de formation continue.

La santé mentale au travail

Les membres de TEW apportent constamment de l’aide et du soutien aux autres et font face à différentes difficultés de santé mentale, y compris la stigmatisation de la santé mentale au travail. Cependant, ces personnes généreuses prennent rarement leur propre santé mentale en compte.

Heureusement, le TDSB a assumé un rôle très actif dans la promotion des ressources mentales auprès de ses employés. Par exemple, début 2018, il a commencé à donner l’occasion à ses employés de suivre la formation L’esprit au travail (EAT). De la même façon, TEW a aussi fait la promotion de la santé mentale auprès de ses membres. Cherill Hiebert et Mara Boedo, toutes deux agentes exécutives pour TEW et employées du TDSB, se font les porte-drapeaux de la santé mentale depuis plus de 30 ans.

Il y a quinze ans, Mmes Hiebert et Boedo ont commencé à proposer de la formation et des ressources par l’intermédiaire du Members’ Action Centre/Toronto Education Workers.

« Ce Centre couvre tout : l’aide en cas d’effet émotionnel dû à la perte d’un emploi, les ressources en santé mentale et d’autres ressources gratuites dans la communauté, qu’il s’agisse de difficultés de santé mentale, financières ou pour trouver un emploi. Nous avons des centaines et des centaines de ressources gratuites pour les membres, et nous adorons les partager », explique Mme Hiebert. Par l’intermédiaire du Members’ Action Centre, Mmes Hiebert et Boedo accroissent petit à petit le nombre de membres qui sont venus les voir avec des difficultés de stress et de santé mentale.

« Nous avons beaucoup de chance de pouvoir obtenir des fonds qui nous permettent de former des animateurs qui peuvent assurer L’esprit au travail », affirme Mme Hiebert.

L’esprit au travail est un programme basé sur des données probantes conçu pour promouvoir la santé mentale et réduire la stigmatisation entourant la maladie mentale au travail en donnant aux participants les outils nécessaires pour évaluer leur propre santé mentale, reconnaître les signes et symptômes et trouver des stratégies d’adaptation saines.

Mmes Hiebert et Boedo sont toutes deux animatrices certifiées de L’esprit au travail pour TEW et le TDSB, et, ensemble, elles ont contribué à former près de 1 000 employés.

« Nous nous sommes formées comme animatrices, nous sommes faites les porte-paroles et avons promu activement L’esprit au travail dans tous nos ateliers du Members’ Action Centre, explique Mme Hiebert. Reconnaissant le besoin de promouvoir L’esprit au travail encore plus, nous avons créé des documents pour le promouvoir et en faire la publicité auprès de nos 17 000 membres. »

Mme Boedo a indiqué que sa passion pour ce travail vient de la réalisation que, par le passé, il n’y avait pas beaucoup de soutien en santé mentale, et nous nous sommes jurées d’agir. « Lorsque je suis devenue animatrice, je me suis rendu compte que c’était la meilleure décision de ma vie. Cela m’a donné le pouvoir de comprendre ce que se passait chez moi et ce que je pouvais y faire, indique-t-elle. Maintenant, je me sens assez forte pour enseigner et montrer à tout le monde qu’ils ne sont pas seuls. J’ai les outils et j’ai l’expérience. Cela m’a aidé à ouvrir une toute nouvelle vie pour moi et à aider les autres à comprendre ce qu’ils peuvent faire, aussi. »

Mmes Hiebert et Boedo ont continué à travailler assidûment pour trouver de nouvelles façons d’aider les autres membres du syndicat à gérer leurs difficultés de santé mentale et proposer des ressources pour veiller à ce que les membres aient les outils nécessaires.

Pourquoi nous formons nos dirigeants en L’esprit au travail 

Mmes Hiebert et Boedo ont toutes deux profité de prendre soin de leur propre santé mentale et comprennent l’importance du soutien en santé mentale pour les membres de TEW. Elles insistent aussi sur le besoin crucial pour les membres de prendre soin d’eux-mêmes avant de pouvoir prendre soin des autres.

À titre d’animatrices, Mmes Hiebert et Boedo reconnaissent que l’une des clés de leur réussite réside dans leur passion envers la formation et les participants. Elles expliquent qu’une fois que les participants s’inscrivent, elles les contactent plusieurs fois (par courriel, téléphone et texte) pour leur rappeler l’atelier. Cette approche est conçue pour mettre les participants à l’aise, pour leur dire ce à quoi ils peuvent s’attendre et accroître la participation. Selon Mme Boedo : « Pour nous, ce n’est pas simplement une personne qui s’inscrit à une formation, c’est l’occasion de changer une vie. »

« À titre de travailleurs de l’éducation, nous travaillons à l’éducation des prochaines générations du Canada, réfléchit Mme Boedo. Cela veut dire que chaque changement positif que nous pouvons aider nos membres à faire affectera les élèves dont ils s’occupent. Et cela restera avec eux pour le reste de leur vie, poursuit-elle. Nous ne nous arrêtons pas à changer la vie des gens, nous apprenons à changer la façon dont nous approchons les situations qui sont hors de notre contrôle. »

Se former en EAT a aidé Mmes Hiebert et Boedo à reconnaître l’importance d’enseigner aux autres les petites étapes que nous pouvons tous franchir pour améliorer notre bien-être mental, plutôt que d’attendre qu’il se détériore au point où nous avons besoin d’aide professionnelle. Toutes deux ont parlé du pouvoir des histoires de la vraie vie qu’elles ont entendu dans la formation de l’EAT sur les difficultés que les personnes ont rencontrées mais aussi les histoires inspirantes de rétablissement que les participants ont partagé.

Cela dit, assurer de la formation en santé mentale et entendre des histoires sur les difficultés de santé mentale d’autres personnes peut être difficile. Une autre clé de leur réussite d’animatrices réside dans la façon dont elles prennent soin l’une de l’autre. Lorsque l’une a une mauvaise journée, l’autre la soutient, et vice-versa.

Mmes Hiebert et Boedo ont insisté sur l’importance que personne ne devrait avoir peur de partager son expérience personnelle de santé mentale.

Résultats et rétroaction

Les animateurs de L’esprit au travail à TEW ont vu une augmentation de la participation des membres depuis le déploiement de l’EAT.

« Nos participant sont très ouverts au partage, et la rétroaction que nous recevons dans nos ateliers a été très positive, indique Mme Hiebert. Les participants continuent à nous contacter avec des mots d’appréciation sur l’impact que cet atelier a eu sur leur vie. »

Mmes Hiebert et Boedo nous ont dit avoir reçu des courriels très émotionnels de la part des membres expliquant que l’atelier a sauvé leur vie, leur a permis de s’arrêter et de ralentir, et ensuite de tendre la main pour obtenir l’aide dont ils ont besoin.

Mme Hiebert a partagé une histoire percutante sur l’impact de la formation EAT sur une personne : « cette personne a suivi notre programme et est maintenant sur la bonne voie pour se rétablir. Son médecin lui a demandé ce qu’elle faisait différemment, et elle a répondu j’ai une nouvelle vision pour moi. »

Mme Hiebert a poursuivi : « pour moi, c’était la chose la plus puissante que j’aie entendu parce que, sans l’EAT, elle n’aurait pas eu de vision, parce qu’elle n’avait pas d’espoir. Elle ne savait pas vers où se tourner pour obtenir de l’aide, et je lui ai dit : le seul endroit où vous avez besoin d’aller pour trouver de l’aide est ici. »

Dans leur engagement continu envers la réussite du programme, TEW a établi le comité L’esprit au travail, où les animateurs se rassemblent chaque mois pour discuter des ateliers et des problèmes qui sont survenus dans le mois précédent, et pour penser à des solutions, y compris comment accroître la participant au programme.

Ce que l’avenir réserve

Mmes Hiebert et Boedo pensent que leur promotion répétée de la santé mentale et du bien-être a été essentielle à leur réussite. Elles ne comptent pas ralentir de sitôt.

« Le conseil scolaire du district de Toronto et Toronto Education Workers Section locale 4400 ont fait de la santé mentale une priorité et travaillent ensemble pour que cela se concrétise pour soutenir le personnel grâce à L’esprit au travail, au programme d’aide aux employés et à leur famille, et à de nombreuses initiatives de santé mentale et bien-être », indique Mme Hiebert.

Lorsqu’on lui demande ce que l’avenir réserve pour la formation en L’esprit au travail à TEW et au TDSB, la passion de Mme Boedo envers le fait d’aider les autres est claire : « Je ne veux jamais m’arrêter. Lorsque nous aurons terminé d’éduquer nos 17 000 membres, nous continuerons à former les nouveaux membres qui se joindront à notre syndicat. Nous ne pouvons pas parler de notre bien-être sans aussi parler de la santé mentale. »

Attention

Le contenu de nos blogues ne se veut pas se substituer à des conseils, un diagnostic ou un traitement médicaux professionnels. Demandez toujours l’avis de votre fournisseur de soins de santé pour toute question sur votre santé mentale. Si vous êtes en détresse, prenez contact avec le centre de détresse le plus proche de vous. S’il s’agit d’une urgence, composez le 9-1-1 ou rendez-vous dans votre service d’urgences local.

Pat Aishah Khan

Je me suis récemment mise aux patins à roulettes.

Mes jambes sont endolories après ma séance d’entraînement dans le sous-sol de mon cousin. Mon cousin est un joueur de hockey chevronné. Il a accepté de m’aider, même s’il ne s’en souciait pas du tout, jouant distraitement avec une balle de tennis pendant que je vacillais.

J’ai 26 ans, et j’ai passé les quelques dernières années en phase de transition. J’ai fait deux déménagements importants pendant la pandémie et j’ai dû tout recommencer depuis le début dans des endroits qui m’étaient étrangers et où je ne connaissais personne.

J’ai besoin d’apprendre, de me sentir motivée. J’ai besoin de m’amuser dans une ville où j’ai passé les huit derniers mois dans mon appartement, à aller à l’école, au travail, en thérapie et à parler à des amis sans même quitter le salon.

Maîtriser les patins à roulettes ne peut pas remplacer mes amis ou aplanir les difficultés liées au fait de grandir, mais ce sentiment d’euphorie que j’éprouve lorsque je commence à glisser et à contrôler la situation me stimule, me fait sourire, et me fait même parfois pousser des cris de triomphe.

Cela ne résoudra pas mes questions existentielles, mais c’est suffisant pour le moment.

Mes parents, eux, se trouvent dans une phase de leur vie presque à l’autre extrémité. Tandis que j’essaie de trouver mon rythme, ils luttent pour pouvoir ralentir.

J’ai dit à ma mère qu’il y avait beaucoup de choses à en attendre, et que je ne voudrai pas qu’un jour elle regrette d’avoir été triste pendant ces années. Chaque phase de la vie a quelque chose de différent à nous offrir, mais affronter cette phase de transition est insupportable pour moi. Je me sens seule et suis découragée. C’est la chose la plus difficile que j’aie jamais eu à affronter.

Mes parents s’accrochent à leur passé. Ils travaillent encore tous les deux, bien qu’ils soient financièrement à l’aise. Mon père a presque 70 ans. Ils se sentent frustrés d’être plus fatigués, de ne pas pouvoir réaliser des tâches physiques aussi facilement qu’auparavant et d’avoir besoin de plus d’aide. Ma mère m’a expliqué que c’était effrayant de réaliser que son corps se retournait contre elle et de craindre de perdre sa capacité de fonctionner.

J’ai acquiescé, en frissonnant à cette idée. Mais, je l’ai quand même encouragée à explorer ce que cette phase de la vie pouvait leur offrir de nouveau à elle et à mon père : une sécurité financière totale, aucune responsabilité vis-à-vis des enfants, pas de parents pour lesquels s’inquiéter. Ils peuvent désormais profiter de ce pour quoi ils ont travaillé, ils peuvent enfin s’asseoir. Leur temps leur appartient désormais. Il ne dépend plus de leur travail ou de leurs enfants. Ils peuvent essayer de nouvelles choses, redécouvrir des passe-temps oubliés, lire des livres d’une traite et rester debout jusqu’à 2 h du matin à regarder Netflix parce qu’ils ne doivent pas travailler le lendemain.

Il est difficile d’accepter le changement. J’essaie de m’adapter à la responsabilité écrasante de l’indépendance et mes parents essaient de prolonger leur productivité au lieu de profiter de ses fruits.

Tandis que je dois faire face à mes peurs, mes parents doivent s’abandonner à la détente. La joie nous attend tous au bout du chemin, mais c’est seul le chemin pour l’atteindre qui est différent.

Aishah Khan est une nouvelle étudiante en rédaction et communications qui affirme de plus en plus son intérêt pour les domaines du féminisme, de la sensibilisation à la santé mentale et de la rédaction. Elle est une lectrice passionnée et une grande consommatrice de médias. L’un de ses livres préférés est A Tree Grows in Brooklyn. Aishah passe son temps libre à dessiner ou à peindre pendant l’hiver, et à faire du camping, du canoë et de la natation l’été.

Aishah Khan

Aishah Khan est une nouvelle étudiante en rédaction et communications qui affirme de plus en plus son intérêt pour les domaines du féminisme, de la sensibilisation à la santé mentale et de la rédaction. Elle est une lectrice passionnée et une grande consommatrice de médias. L’un de ses livres préférés est A Tree Grows in Brooklyn. Aishah passe son temps libre à dessiner ou à peindre pendant l’hiver, et à faire du camping, du canoë et de la natation l’été.

Par Alicia Aquino

La pandémie de Covid-19 a eu un effet drastique sur notre santé mentale, en particulier celle de la communauté asiatique. Pour de nombreuses personnes d’origine asiatique, la stigmatisation liée à la santé mentale est un facteur de plus qui les empêche de parler du sujet. Les gens ne savent pas par où commencer lorsqu’ils cherchent des ressources, de l’aide et un traitement.

L’un des moyens les plus faciles de trouver des informations et des ressources est d’utiliser les communautés en ligne.

Découvrez trois sites Web utiles sur les Canadiens d’origine asiatique :

https://www.thecolourproject.ca/

The Colour Project est une organisation canadienne à but non lucratif qui vise à rendre le soutien en santé mentale plus accessible. Elle propose un soutien par les pairs gratuit et anonyme au moyen de messages texte. Elle a été fondée par Ian et Amanda Feng dont objectif était de créer un espace exempt de jugement où les gens peuvent facilement accéder à un soutien en cas de besoin.

Ce projet a créé une communauté de personnes ayant des expériences similaires et permet à ces dernières de réaliser qu’elles n’ont pas besoin de se battre seules dans la vie. Cette ressource constitue une excellente option pour les personnes qui recherchent un soutien en santé mentale pour la première fois étant donné qu’il s’agit d’une ressource offerte gratuitement par messages texte.

asianmentalhealthproject.com/watch/

L’Asian Mental Health Project est une communauté en ligne qui met l’accent sur la stigmatisation culturelle à laquelle de nombreux Canadiens d’origine asiatique sont confrontés lorsqu’ils cherchent à obtenir un soutien et un traitement en santé mentale. Le projet propose des ressources accessibles à tous, notamment des lignes d’écoute téléphonique et des thérapeutes recommandés pour les communautés asiatiques, 2SLGBTQ+ et autres communautés marginalisées. En outre, il propose un modèle de formulaire d’intervention avec un thérapeute afin d’aider les personnes qui envisagent de s’adresser à un thérapeute pour la première fois.

Le projet est également connu pour avoir créé des discussions en ligne sur des sujets tels que le stress et la stigmatisation, et des « rencontres périodiques » qui servent d’espace de guérison et de discussion. Récemment, le projet s’est associé avec Hollaback! pour proposer des ateliers de formation en ligne sur l’intervention des témoins et la désescalade, pendant lesquels étaient offertes de la traduction et de l’interprétation en mandarin, cantonais, coréen et autres.

coldteacollective.com

Cold Tea Collective est une plateforme médiatique qui publie les histoires et les expériences de milléniaux asiatiques d’Amérique du Nord. La plateforme en ligne comprend des articles de blogue, des balados et d’autres histoires couvrant des sujets allant des arts et de la culture à la santé et au bien-être. Avec Vancouver comme siège, Cold Tea Collective compte des auteurs dans l’ensemble du Canada et de l’Amérique du Nord.

Cold Tea Collective est animé d’une grande volonté de donner aux milléniaux asiatiques une plateforme pour se comprendre et se connecter avec eux-mêmes et avec le monde qui les entoure. On y valorise le partage d’histoires authentiques et la création de contenus et de conversations de qualité. Un article de blogue qui a attiré mon attention est intitulé « Quarantine qapsule : Archiving the Asian Canadian Experience » – disponible en anglais seulement. Rédigé par l’utilisateur Nightingale, le message souligne les répercussions néfastes de la pandémie sur la communauté canadienne asiatique.

Explorer ces ressources représente un excellent moyen de plonger dans la communauté asiatique en ligne qui soutient la santé mentale et le bien-être. Il existe des centaines d’histoires à lire, de sujets à débattre et d’espaces sécuritaires où se confier. Commencer votre parcours de santé mentale peut être effrayant, mais rappelez-vous que vos sentiments sont légitimes et qu’il n’y a pas de honte à avoir des problèmes de santé mentale. En nous renseignant sur ces sujets et en ayant ces conversations difficiles avec notre famille et nos amis, nous pouvons ensemble mettre fin à cette stigmatisation.

Par Jessica, « StigmaCrusher » [ou la broyeuse de préjugés] Ward-King, Ph. D.

Quand je me suis réveillée ce matin, mon nez coulait et je toussais. Est-ce le redoutable virus de la COVID-19? Le rhume? La souche grippale qui circule cette année? Des allergies?

J’ai donc pris un médicament en vente libre pour soigner la toux et le rhume (et peut-être une pilule contre les allergies, juste pour être certaine) afin de soulager mes symptômes.

Fort heureusement, mon test rapide de COVID-19 s’est révélé négatif. Je ne connaîtrai donc peut-être jamais la véritable cause de cette maladie. Tout ce que je peux faire, c’est traiter mes symptômes et prendre soin de moi du mieux que je peux. Je me repose beaucoup et je bois beaucoup de liquide. Je mange de la soupe au poulet, je bois du thé citronné, je prends des pastilles et je me frictionne la poitrine au besoin. Je m’isole et j’attends simplement que le mal passe.

Si mes symptômes s’aggravent ou si de nouveaux symptômes apparaissent, comme des difficultés respiratoires ou une forte fièvre, je devrai possiblement consulter un médecin. Mon médecin pourrait me prescrire quelques remèdes pour ces symptômes, comme de l’acétaminophène pour faire baisser la température ou une pompe pour ouvrir les voies respiratoires, et si mon état s’aggrave (espérons que non!), je pourrais me retrouver à l’hôpital, branché à un respirateur. Les médecins pourraient alors procéder à des tests approfondis pour trouver la cause des symptômes. S’agit-il d’un virus, comme pour la COVID-19 et la grippe, ou d’une bactérie? De l’asthme ou des allergies? S’ils parviennent à déterminer la cause, ils pourront traiter la maladie au lieu de se limiter à traiter mes symptômes.

La différence ici, entre traiter les symptômes et traiter la maladie véritable, n’est pas une question de sémantique. Il s’agit plutôt de la différence réelle entre le syndrome et la maladie.

Un syndrome est un ensemble de symptômes qui « se regroupent » (du grec : syn = ensemble et
drome = courir) sans cause évidente.

Une maladie a une cause reconnaissable qui entraîne des signes et des symptômes qui se manifestent cliniquement, comme la COVID-19 ou une allergie à la poussière.

La plupart des maladies mentales sont des syndromes, c’est-à-dire des ensembles de symptômes qui ont tendance à « se regrouper ». Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux(DSM-5), le guide officiel pour diagnostiquer des troubles mentaux, aide le clinicien à poser un diagnostic sur la base des syndromes répertoriés. Le diagnostic de mon trouble bipolaire de type II est basé sur un ensemble de symptômes avec lesquels je vis et qui, comme ma congestion nasale et ma toux, pourraient en réalité être causés par un grand nombre de maladies différentes. De ce fait, les traitements psychiatriques, comme mes médicaments et ma psychothérapie, sont prescrits pour traiter les symptômes que je présente, sur la base du DSM-5 et de l’expérience clinique de mon médecin des syndromes semblables au mien et survenus chez d’autres patients, ce qui peut contribuer à expliquer pourquoi nos traitements psychiatriques sont souvent inefficaces. Dans le cas de la dépression, par exemple, seul un tiers des patients retire des bienfaits de leur premier traitement. Je suis aux prises avec un épisode dépressif de mon trouble bipolaire de type II depuis près de deux ans maintenant, et j’ai essayé plusieurs traitements et approches thérapeutiques, sans toutefois parvenir à soulager mes symptômes. Tout comme un antibiotique ne soulagera pas mon nez qui coule ni ma toux si la maladie s’avère virale, les divers traitements que j’essaie pour soulager ma dépression bipolaire ne s’attaquent probablement pas à la maladie sous-jacente.

Je crois qu’il y a des états pathologiques concrets qui sous-tendent les syndromes psychiatriques. Avant que nous disposions de microscopes pour scruter les virus et les bactéries, chaque toux et chaque éternuement étaient considérés comme équivalents les uns aux autres. Je pense que des progrès médicaux et scientifiques considérables seront nécessaires pour déceler les états pathologiques qui sous-tendent les syndromes psychiatriques. Cependant, nous ne partons pas de rien. Par exemple, la recherche a permis de découvrir la bactérie responsable de la neurosyphilis et le repliement défectueux des protéines dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Des technologies d’imagerie optique du cerveau et même des tests sanguins sont en voie de perfectionnement. Nous sommes aujourd’hui plus près que jamais de comprendre les pathologies liées aux syndromes psychiatriques.

En attendant, le mieux que nous pouvons faire lorsque nous ressentons les symptômes désagréables de la maladie mentale est de prendre soin de nous du mieux que nous pouvons, de bien nous reposer et de consulter un médecin lorsque les symptômes s’aggravent ou que de nouveaux symptômes apparaissent. Nous devons continuer d’œuvrer pour une science de qualité et ne pas perdre espoir. Il est possible, voire probable, que les sciences médicales découvrent une nouvelle maladie psychiatrique qui permettra d’élucider le mystère entourant les causes et les traitements de ces pathologies qui causent tant de souffrances.

Mais, en attendant, ma soupe au poulet et mon thé citronné commencent à refroidir, et mon oreiller me réclame. Avez-vous des suggestions de bonnes séries que je pourrais regarder en rafale?

Jessica “StigmaCrusher” Ward-King

Jessica “StigmaCrusher” Ward-King est titulaire d’un doctorat en psychologie expérimentale de l’Université de Londres, en Angleterre, et d’un baccalauréat en psychologie de l’Université McGill. Elle possède un savoir expérientiel du trouble bipolaire de type II puisqu’elle vit avec cette maladie mentale chronique depuis l’adolescence.

Elle travaille sans relâche pour lutter contre la stigmatisation entourant la santé mentale et les maladies psychiatriques en tant que conférencière, auteure et créatrice de sa chaîne YouTube.

Nos corps, nos vies, nos droits — Cette année, le thème de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphopie met l’accent sur la promotion du droit des personnes à exprimer leur identité de genre, à ne pas subir de violence et à vivre dans la dignité.

Comme le montre une recherche menée par la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) et le Centre de prévention du suicide, les personnes ayant une expression de genre diversifiée font face à des facteurs de stress uniques. Non seulement les personnes transgenres subissent des taux plus élevés de discrimination et de harcèlement que leurs pairs cisgenres, mais elles vivent aussi de ce fait davantage de problèmes de santé mentale. Elles présentent aussi un risque de suicide plus élevé.

Le bien-être des personnes ayant diverses identités de genre peut être grandement affecté par les caractéristiques, les normes, les pratiques et les cadres de nos milieux institutionnels. En cette journée, tout comme chaque jour, les leaders organisationnels peuvent devenir plus empathiques et plus conscients de l’importance de pratiques de santé mentale positives grâce aux différents types de ressources offertes par la Fondation Émergence.

Les changements à grande échelle qui se sont récemment produits dans ce sens sont remarquables. Statistique Canada inclut maintenant l’identification du genre au recensement et fait une distinction entre « sexe à la naissance » et « genre » dans son questionnaire. Et en avril dernier, Santé Canada a annoncé qu’elle prévoit sélectionner les donneurs de sang sur la base due leur comportement sexuel plutôt que sur la base de leur orientation sexuelle, ce qui mettra fin à une politique considérée comme discriminatoire.

Cela dit, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

  • En décembre 2020, une étude de Trans PULSE Canada avait montré que 6,9 % des répondants trans et non binaires affirmaient que la pandémie avait engendré des changements dans leur situation de vie qui les contraignaient à vivre avec une personne qui ne soutenait pas leur identité de genre.
  • Selon une recherche menée par Egale, en partenariat avec le Groupe de recherche INNOVATIVE, la pandémie de COVID-19 a entraîné des répercussions négatives disproportionnées sur la situation financière des membres de la communauté 2SLGBTQ+ du Canada. Statistique Canada indique également qu’il est possible que ces personnes soient plus vulnérables sur le plan économique pendant la pandémie.

De telles conclusions illustrent bien la nécessité de poursuivre les investissements dans des mesures de soutien en santé mentale et dépendances pertinents sur le plan culturel pour les communautés 2SLGBTQ+, ainsi que l’importance d’éliminer les obstacles à l’accès aux soins.

Depuis sa première édition en 2005, la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie est une occasion de reconnaître les réalités vécues par les personnes qui subissent de la discrimination à cause de leur identité ou de leur expression de genre. La journée elle-même est aussi significative, puisque c’est le 17 mai 1990 que l’Organisation mondiale de la Santé a retiré l’homosexualité de sa liste des troubles mentaux.

De nos jours, cette journée est célébrée dans plus de 130 pays, y compris 37 pays dans lesquels les relations sexuelles entre personnes du même sexe demeurent illégales, et une campagne a été lancée pour qu’elle soit officiellement reconnue par l’Organisation des Nations Unies. Une sensibilisation accrue, une affirmation des identités et une plus grande inclusion au moyen d’activités comme le Mois de la fierté contribuent à promouvoir l’harmonie et la justice au sein de la société, ce qui conduit à une amélioration des résultats en matière de santé mentale pour les membres de ces communautés.

Pendant le Mois de la fierté, soit en juin, la CSMC, en partenariat avec le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances et la firme Léger, partagera les recherches émergentes sur la manière dont les membres de la communauté 2SLGBTQ+ s’en sortent pendant la pandémie. Entre autres éléments, il ressort des principales conclusions que les membres des communautés 2SLGBTQ+ sont confrontés à des taux de stigmatisation, de discrimination et de harcèlement plus élevés, mais qu’ils sont aussi résilients, optimistes, accueillants et inclusifs.

Michel Rodrigue
Président et directeur général

Remarque :Si votre expérience personnelle rend cette journée difficile, des lignes d’aide sont disponibles par l’entremise de Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être au 1‑855-242-3310, ainsi que du service d’assistance téléphonique Talk 4 Healing au 1-855-554-HEAL. Vous pouvez aussi texter MIEUX au 741741 en tout temps, ou demander le soutien de la LGBT Youth Line en appelant au (1-800-268-9688) ou en textant au (647‑694‑4275).

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Au Canada, au moins un adolescent sur trois a déclaré être victime d’intimidation et près de la moitié des parents ont déclaré avoir un enfant victime d’intimidation. Pourtant, dans la plupart des cas, les brimades cessent en moins de 10 secondes lorsque les pairs interviennent ou ne soutiennent pas le comportement d’intimidation.

Les enfants victimes d’intimidation ne sont pas les seuls à être touchés. Les personnes qui en sont témoins, ainsi que les intimidateurs eux-mêmes, peuvent aussi être profondément affectées. Les enfants qui sont victimes d’intimidation sont plus susceptibles de subir des effets néfastes :

  • la dépression et l’anxiété, une augmentation des sentiments de tristesse et de solitude, une modification des habitudes de sommeil et d’alimentation, et une perte d’intérêt pour les activités qu’ils aimaient auparavant. Ces problèmes peuvent aussi persister à l’âge adulte;
  • une faible estime de soi et la difficulté à faire confiance aux autres; des problèmes de santé;
  • une diminution des résultats scolaires.

L’intimidation peut être évitée. Des études montrent que les enfants peuvent développer des traits de caractère qui leur permettent d’obtenir de meilleurs résultats lorsqu’ils sont confrontés à l’intimidation :

  • une bonne estime de soi;
  • l’affirmation de soi;
  • de bonnes compétences sociales;
  • des amitiés saines.

Les enfants qui présentent ces traits de caractère sont non seulement moins susceptibles d’être la cible d’intimidateurs, mais ils sont également mieux armés pour faire face à l’intimidation si elle se produit. Certains enfants semblent acquérir ces traits de caractère de manière naturelle. En fait, les enfants sont en mesure de développer des capacités d’adaptation efficaces, comme la résilience émotionnelle. 

Il y a de nombreuses aptitudes qu’on peut cultiver chez les enfants pour les aider à renforcer leur résilience. En voici quelques-unes :

  • estime de soi;
  • esprit positif;
  • gestion des émotions;
  • compétences en résolution de problèmes;
  • possibilités de découverte de soi.

La prévention de l’intimidation est la responsabilité de chacun de nous. La façon la plus simple de commencer à faire sa part est de s’en informer. Vous pouvez trouver une mine d’informations et de conseils sur l’intimidation en ligne, mais il est toujours bon de faire preuve de prudence et de s’informer auprès de sources fiables. Consultez certains des liens fournis dans cet article pour avoir des renseignements sur l’intimidation qui sont produits par certains experts.

L’efficacité des programmes de prévention de l’intimidation, adoptés pourtant de plus en plus par les écoles, s’est révélée variable. Certaines des approches les plus efficaces se concentrent sur les causes profondes des comportements d’intimidation et offrent une éducation sur l’intelligence sociale et émotionnelle.

L’éducation socioémotionnelle consiste à développer la conscience de soi, la maîtrise de soi et les compétences interpersonnelles. Les parents, les membres de la famille et les pairs peuvent aider les enfants à acquérir ces compétences qui aideront non seulement à prévenir l’intimidation, mais également à favoriser la réussite à l’école, au travail et dans la vie.

par Nicole Chevrier

Nicole Chevrier
Nicole Chevrier

Nicole Chevrier est gestionnaire du Marketing et des communications à la Commission de la santé mentale du Canada.
Passionnée de santé mentale, elle est aussi une écrivaine enthousiaste et une photographe de talent. Nicole a récemment publié son premier livre, qui s’adresse aux enfants vivant de l’intimidation.
Quand elle n’est pas à son bureau, elle partage ses temps libres entre le yoga, la méditation, la danse de salon, la randonnée pédestre et la photographie des merveilles de la nature. Elle collectionne aussi les couchers de soleil.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’étais pas adéquatement préparée pour entreprendre mes études postsecondaires. Mon intelligence et mes capacités scolaires étaient à la hauteur. C’est plutôt ma santé mentale et le soutien disponible qui faisaient défaut. Pourtant, envers et contre tout, j’ai décroché mon diplôme. Comment y suis-je parvenue? À force de courage et de détermination.

Nous étions plusieurs à livrer le même combat. Dans mon cercle d’amis, presque tout le monde avait vécu ou connaissait quelqu’un qui avait vécu des problèmes d’anxiété, de dépression, de consommation de substances ou d’alimentation. C’était tellement fréquent que ça allait de soi ou presque. Je sentais le poids et la douleur de la stigmatisation sans même connaître ce mot.

En plus, il n’est pas toujours évident de reconnaître qu’on a besoin d’aide. Les gens doivent pouvoir demander de l’aide à leurs propres conditions, lorsqu’ils s’y sentent prêts. Dans mon cas, trouver des services de santé mentale sécuritaires, inclusifs et exempts de jugement sur le campus semblait presque mission impossible. J’ai réussi à achever le programme, mais je sais que certains de mes pairs ont dû déclarer forfait.

Il faut signaler que tous les étudiants n’entreprennent pas leur parcours postsecondaire sur un pied d’égalité. À l’époque, beaucoup d’étudiants autour de moi vivaient dans une pauvreté criante. Je faisais partie des nombreux étudiants dont les résultats souffraient parce que je devais travailler pour assurer ma survie.   

Aux études, l’enjeu est de taille. Qui peut se permettre d’échouer, puis d’avoir toutes les misères du monde à trouver assez d’argent pour reprendre un semestre?  Les étudiants ressentent la pression écrasante de devoir réussir dans un système hautement compétitif. Ainsi, l’importance capitale accordée à la réussite scolaire forme un obstacle supplémentaire qui dissuade les étudiants de demander de l’aide. 

Trop longtemps, les seules options qui s’offraient aux étudiants étaient de répondre aux attentes d’un rendement scolaire normal, d’échouer sur toute la ligne ou de demander certaines mesures d’adaptation. Ceux qui optaient pour cette solution pouvaient se sentir diminués ou invalidés par rapport aux autres. 

À certains égards, les choses ont évolué. On assiste actuellement à un changement dans les attitudes sociétales face à la maladie mentale et à une prise de conscience du nombre de personnes touchées. On nous répète souvent qu’une personne sur cinq au Canada éprouvera une maladie ou un problème en lien avec la santé mentale au cours d’une année donnée, en soulignant qu’il est normal de ne pas toujours bien aller.

En dépit d’améliorations notables, les étudiants du postsecondaire demeurent aux prises avec des problèmes de santé mentale. La recherche montre que trois fois sur quatre, les problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 24 ans, une période où de nombreuses personnes font ou achèvent leurs études postsecondaires. En outre, dans une étude réalisée en mai 2020, l’Alliance canadienne des associations étudiantes a découvert que plus de 70 % des étudiants se sentent stressés, anxieux ou isolés en raison de la pandémie, et que 80 % d’entre eux s’inquiètent de leur avenir après la pandémie. 

Il est encourageant de constater que malgré la pandémie — ou peut-être à cause de celle-ci — de nombreux étudiants prennent la parole publiquement, trouvent des solutions pour eux-mêmes et pour leurs pairs et s’entraident

Mais les étudiants ne sont pas seuls dans la lutte contre la maladie mentale. Des établissements postsecondaires d’un bout à l’autre du pays ont mis en place des initiatives pour favoriser la santé mentale de leurs étudiants. La Norme nationale du Canada sur la santé mentale et le bien-être des étudiants du postsecondaire, créée par la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), aide les établissements d’enseignement à mieux soutenir leurs étudiants et à faire une place à la santé mentale dans leurs services et leurs systèmes. Les publics concernés sont invités à consulter la trousse de départ pour en apprendre davantage et entreprendre le processus d’adoption de la Norme.

Pour en apprendre plus sur les moyens de soutenir la santé mentale des étudiants, je vous invite à découvrir L’esprit curieux, un programme de formation fondé sur des données probantes que la CSMC a conçu pour promouvoir la santé mentale et réduire la stigmatisation associée à la maladie mentale dans les établissements d’enseignement.

Il reste encore beaucoup à faire, mais quand je repense à tout le chemin qui a été parcouru, je reprends espoir pour les prochaines générations d’étudiants. 

par Nicole Chevrier

Nicole Chevrier
Nicole Chevrier

Nicole Chevrier est gestionnaire du Marketing et des communications à la Commission de la santé mentale du Canada.
Passionnée de santé mentale, elle est aussi une écrivaine enthousiaste et une photographe de talent. Nicole a récemment publié son premier livre, qui s’adresse aux enfants vivant de l’intimidation.
Quand elle n’est pas à son bureau, elle partage ses temps libres entre le yoga, la méditation, la danse de salon, la randonnée pédestre et la photographie des merveilles de la nature. Elle collectionne aussi les couchers de soleil.

De la Commission de la santé mentale du Canada 

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) souligne la Semaine de la santé mentale (du 2 au 8 mai 2022) en rendant hommage aux travailleurs et aux employeurs qui, partout au pays, ont fait preuve d’empathie et de résilience tout au long de la perturbation historique de leurs milieux de travail.

En particulier, la CSMC souhaite souligner et reconnaître la contribution des travailleurs de première ligne, notamment ceux du secteur de la santé, qui n’ont pas eu la chance de travailler de la maison ou dans des environnements hybrides ou à distance. Nous pouvons continuer de manifester notre empathie collective pour les travailleurs de la santé en protégeant et en soutenant leur sécurité psychologique.

Diriger dans un souci d’empathie et de bien-être dans un environnement de travail hybride

Dans le même temps, nous reconnaissons que les travailleurs et les employeurs d’autres secteurs font eux aussi face à des obstacles émergents particuliers posés par le retour dans leur milieu de travail traditionnel ou par l’adoption de formules hybrides.  

Au Canada, 35 % des personnes salariées disent vivre de l’épuisement. Un travailleur sur cinq se sent en crise ou s’inquiète de sa capacité à composer avec la situation. Nous savons aussi que 30 % des demandes de prestations d’invalidité de courte ou de longue durée au Canada sont attribuables à des maladies mentales ou à des problèmes liés à la santé mentale.

Nos experts de la santé mentale en milieu de travail se sont servis de ces données pour aider les organisations à préserver le bien-être de leurs employés en élevant la santé et la sécurité psychologiques au rang de priorité, que ce soit au bureau, à la maison ou dans une combinaison des deux, grâce à notre nouvelle Trousse d’outils du gestionnaire : Diriger dans un environnement de travail hybride.

Tout comme c’est le cas pour le thème de la Semaine de la santé mentale de cette année, l’empathie représente le fondement de cette trousse d’outils. À l’aide d’exemples concrets, elle enseigne à faire

preuve de compassion lors de discussions délicates et propose des outils pratiques pour s’orienter dans le nouveau milieu de travail hybride. Il est important que les gestionnaires aident leurs employés à reconnaître les signes d’une détérioration de leur santé mentale et qu’ils créent des milieux de travail où ceux-ci sentent qu’ils peuvent s’exprimer en toute sécurité ou savent au moins où aller pour trouver de l’aide.

La CSMC est déterminée à aider les employeurs à créer et à maintenir des milieux de travail sains sur le plan psychologique en leur fournissant les outils, l’information et les services nécessaires pour que chaque personne au Canada puisse se rendre au travail en sachant que son employeur reconnaît l’importance de la santé et de la sécurité psychologiques en milieu de travail.

Michel Rodrigue
Président et directeur général

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