Si vous êtes en état de détresse, veuillez appeler ou texter le 988 n’importe quand. En cas d’urgence, appelez le 9-1-1 ou rendez-vous à votre service d’urgence local.

Le VecteurConversations sur la santé mentale

Utiliser le langage axé sur la personne d’abord pour marquer une différence significative

Cet article fait partie de la série intitulée « Le choix des mots est important » dans Le Vecteur.

Lorsqu’il s’agit de parler de santé mentale, le langage que nous utilisons entre dans deux grandes catégories : celle axée sur la personne d’abord ou celle axée sur l’identité d’abord. À la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), nous utilisons et recommandons généralement le langage axé sur la personne d’abord, mais il est possible que cette option ne s’applique pas dans toutes les situations. 

Quelle différence cela fait-il?
two people talking graphicLe langage axé sur l’identité d’abord met l’accent sur la maladie ou le problème de santé de la personne concernée et non sur la personne qui en fait l’expérience. Par exemple : En désignant une personne par les termes « personne schizophrène », on utilise le terme « schizophrénie » pour la décrire avant de faire référence à l’individu. À l’opposé, le langage axé sur la personne d’abord se concentre sur l’individu, tout en minimisant l’importance de sa maladie ou de son problème de santé. Ainsi, dans cet exemple, en utilisant le langage axé sur la personne d’abord, vous pourriez dire « un individu vivant avec la schizophrénie. »

Le langage utilisé pour parler de la santé mentale ou de l’usage de substances joue un rôle important dans la réduction ou l’augmentation de la stigmatisation. En mettant l’accent sur l’individu, le langage axé sur la personne d’abord souligne le fait qu’un diagnostic constitue uniquement un élément de l’être global d’un individu. Employer ce langage, c’est respecter l’autre en tant que personne, plutôt que de le qualifier d’« anormal », de « dysfonctionnel » ou de « handicapé ». Pour cette raison, il est considéré comme étant moins stigmatisant et est parfois préféré dans le domaine de la santé mentale et de l’usage de substances.

Cela dit, il est important de ne pas oublier que cette préférence n’est pas universelle. Comme l’a expliqué une amie, « Je ne vis pas avec un trouble bipolaire. Il n’est pas mon compagnon de chambre. » Pour elle, utiliser un langage axé sur l’identité d’abord, « je suis bipolaire », représente mieux jusqu’à quel point ce problème de santé est inextricablement lié à tous les aspects de sa vie, alors que le langage axé sur la personne d’abord a un effet atténuant.

Pour d’autres personnes, le langage axé sur l’identité d’abord est ancré dans la relation entre leurs identités personnelle et culturelle et leur problème médical. Par exemple, la surdité, qui s’accompagne d’une riche culture qui est unique aux personnes partageant cette expérience, souligne souvent les aptitudes au-delà des invalidités. Dans ce cas, « une personne sourde » serait préférée à « une personne vivant avec la surdité. »

Comment choisir?
Dans une enquête menée par l’American Psychological Association auprès de 3 000 personnes vivant avec une gamme de problèmes de santé, 70 % ont choisi « Personne vivant avec une invalidité » comme expression les décrivant le mieux. Seulement 8 % ont choisi l’expression « Personne handicapée ».

À l’écrit, le langage axé sur la personne d’abord est celui que la CSMC recommande en premier, à moins de savoir qu’un individu ou un groupe se décrit autrement. Lorsque vous vous adressez à une personne ayant un savoir expérientiel passé ou présent, écoutez le langage qu’elle emploie ou demandez-le-lui. Le procédé n’est pas parfait, mais il s’agit tout de même d’un pas dans la bonne direction. Il s’agit d’écouter, d’apprendre, et de se faire le champion d’un usage respectueux et non stigmatisant du langage, peu importe la forme que ceci prend.

Author:
Les points de vue et les opinions exprimés dans cet article appartiennent uniquement à l’auteur(e) et ne représentent pas nécessairement les politiques officielles de la Commission de la santé mentale du Canada.

Derniers articles

Soutien technologique

Les services de cybersanté mentale font tomber les obstacles. Nous nous penchons sur le potentiel de l’intelligence artificielle ainsi que sur les stratégies permettant d’éviter certains pièges.

Apprenez-en plus

Prendre soin de sa santé, un cadeau précieux

Pour bien des gens, la période des Fêtes est l’occasion de donner. Nous sommes nombreux à consacrer notre temps et notre attention aux personnes qui nous sont chères et à celles qui ont besoin d’aide.

Apprenez-en plus

Lutter contre la cyberdépendance chez les adolescents

Alors que les écoles s’attaquent aux géants de la technologie, des experts se prononcent sur la surutilisation des écrans et ses conséquences sur la santé mentale des jeunes.

Apprenez-en plus

À quoi ressemble la vie des personnes atteintes de schizophrénie?

At 26, Gillian Corsiatto of Red Deer, Alta., is a published author – her debut novel, Duck Light, asks the serious question: “How can one break free of societal expectations?” More books and plays are underway. She’s also been a keen improv performer with Bullskit Comedy.

Apprenez-en plus